Tifinagh, une révolution Marocaine

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tifinagh - Tifinagh, une révolution Marocaine Empty Tifinagh, une révolution Marocaine

Message par agrawal le Mar 1 Avr - 22:00

Bien que la seule et véritable révolution «démocratique» à retenir par l’histoire moderne du Maroc soit l’introduction de l’amazigh dans l’institution scolaire, l’état des lieux de cette langue demeure une question difficile à décrire. Cette difficulté émane essentiellement de la nature du sujet où sentiments et raison fusent dans un même corps, le dit et le fait prennent deux voies nettement discordantes. N’y a-t-il pas alors impossibilité réelle de réconciliation entre langues, entre cultures, entre visions collectives au sein de la société? En fait, il n’y a pas d’institution meilleure ou plus efficace pour développer l’amazigh et pour lui rendre sa véritable considération au sein de la communauté que l’école (enseignement, apprentissage, formation, information, idéalisation, symbolisation…), et pour nous de jauger l’authenticité ou non de cette réconciliation (qui pourrait mener vers la réelle démocratie). L’on parle alors d’ouverture sur l’amazigh. Néanmoins, une question reste posée: l’école marocaine «déjà bilingue», c’est-à-dire au fond doublement ségrégationniste, peut-elle vraiment recevoir le «corps amazigh» comme étant un élément propre, légitime et vivant?(1)

Tout d’abord, il est bon de rappeler trois éléments emboîtés, propres de la situation de l’amazighe:

a) Selon les derniers sondages (publiés en 2005), seulement 28% de marocains utilisent la langue amazighe dans la vie quotidienne (34% dans le milieu rural, et 21% dans le milieu citadin). Des chiffres dépêchés pour manipuler l’opinion publique, des chiffres qui ne disent rien… Que faire alors de l’Histoire qui crie fort que l’Afrique du nord est totalement amazighe?

b) Plus de 55% des personnes âgées de plus de 10 ans sont illettrées (ne savent ni lire ni écrire l’arabe) (pour le rural 75%).

D’heureux analphabètes sont ceux qui n’ont jamais dépassé le seuil de l’école! Depuis l’Indépendance, le problème de l’analphabétisme reste le premier problème social. Plus de la moitié des citoyens ne sont pas seulement illettrées mais aussi incapables de déchiffrer les aiguilles d’une montre ou de lire une pancarte, que dire alors de définir les frontières symboliques du dit «Maghreb arabe»?

Le budget de l’alphabétisation (qui se veut essentiellement arabisation) est de 19 millions dh en 1998, et atteint 88 millions dh en 2004. Un million et demi a pu être alphabétisé entre 1999 et 2004. Un plan a été mis en place pour atteindre un million par an.

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Par: Hassan Banhakeia et El-Hossein Farhad
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Message par agrawal le Mar 1 Avr - 22:00



c) Il demeure évident que la principale raison de l’échec au sein de l’enseignement marocain est l’absence de la langue maternelle et de la culture propre: l’amazighité.(2) L’enfant ne se découvre pas, et l’école va le dépayser davantage. Comment se présente-t-elle l’éducation sans l’essence du citoyen placé dans l’Histoire? Sans l’attache à la terre? Sans l’attache au Temps? Sans l’attache à ses spécificités d’être humain? Le système d’enseignement qui est de nature spécifiquement panarabiste, orientaliste, islamiste, wahhabite… s’en passe complètement: il est alors un programme de ruptures. Aussi les politiques d’enseignements sont-elles faites par des ministres arabistes et / ou wahhabites qui opèrent des ruptures «historiques» au lieu de ramender les parties de ce corps millénaire.
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